Le Marathon Laotien !

Je m’étais donné 3 mois ½ pour visiter 4 pays d’Asie du Sud-Est. Seules contraintes : pas d’avion et être en Thaïlande vers le 10 décembre. Je pensais être vraiment large mais avec cette liberté de programme, j’avoue, j’ai un peu trainé… Je suis resté plus longtemps que prévu au Vietnam (notamment pour la gastronomie) et plus longtemps au Cambodge (notamment pour les Changemakers). Bilan, il ne me restait plus qu’une quinzaine de jours pour explorer le Laos… Si je voulais profiter du pays, il allait falloir faire quelques choix stratégiques et limiter les destinations.

Les Joies du Transport Insulaire

Des amis m’avaient fortement conseillé « Si Phan Don », littéralement « les 4000 îles ». Pour ceux qui, comme moi, ont quelques lacunes en géographie, le Laos n’est bordé par aucune mer ou océan. Entendre parler d’une île dans ces conditions, c’est déjà curieux alors imaginez 4000 … ! Il s’agit en fait d’un magnifique archipel fluvial situé au milieu de l’immense Mékong.

L’entrée au Laos pour visiter ces îles s’est effectuée sans (trop) d’accros. J’ai passé une dizaine d’heures dans les transports accompagné d’un Suisse détestant les Français et d’un Hollandais détestant les douches. Après une petite « surtaxe » à la douane, nous sommes montés dans une camionnette qui a crevé après seulement 2 minutes de route. La roue de secours n’étant pas vraiment adaptée, nous avons effectué la dernière heure de trajet jusqu’au port à 30 km/h tout en priant pour ne pas finir dans un fossé. La traversée finale en pirogue restera mon plus beau souvenir : paysage exotique et soleil couchant, la combinaison idéale !

Vers les 4000 îles

Sur ces îles, le temps semblait tourner au ralenti. Le petit village de Dondet était l’endroit idéal pour se relaxer, se promener à vélo et profiter des magnifiques nuits étoilées. Après deux jours de repos, il était temps de me remettre en route.

Mais quitter cet archipel a été une toute autre histoire… Le départ de l’île était prévu à 11h pour attraper une connexion en bus à 12h. A 11h30, j’attendais toujours avec deux allemands devant un petit ponton de pécheurs, sans savoir si un bateau finirait par venir nous chercher. Après avoir interrogé les locaux, quelqu’un a fini par réveiller un homme qui faisait la sieste dans un hamac : le capitaine du bateau ! Nous avons enfin pu embarquer. Pendant que le capitaine cherchait à extraire sa pirogue du fouillis de barques amarrées au ponton, sa femme s’est mise à écoper avec enthousiasme… Le bateau prenait l’eau ! Le moteur ne semblait pas être en meilleur état et après avoir montré quelques signes de faiblesse, il a fini par rendre l’âme au milieu du Mékong. Nous avons commencé à dériver. Pas stressé le moins du monde, le capitaine a hélé une barque qui croisait au loin. Nous avons alors effectué un abordage dans les règles, digne d’un film de Pirates. Avec nos énormes sacs à dos, la chute au milieu du fleuve n’était pas vraiment conseillée. La pirogue étant déjà pleine de locaux, nous sommes restés assis à la proue, au milieu des bagages. De l’autre côté de la rive, notre bus nous attendait patiemment.

Une Belle Définition de l’Up-Cycling

Avant de rejoindre le nord du pays, j’ai effectué une brève escale à Paksé pour admirer l’imposante statut de Bouddha surplombant la ville. Au coucher du soleil, le spectacle était saisissant.

J’ai ensuite affronté les 12h de bus de nuit nécessaires pour me rendre à Vang Vieng, une petite ville du nord entourée de montagnes. Depuis le début de mon aventure, j’ai effectué quelques trajets éprouvants, celui-ci se situe dans mon TOP 3 ! Claustrophobe, s’abstenir… Imaginez un bus a étage dans lequel vous devez entrer accroupi tellement le plafond est bas. Ma minuscule couchette se trouvait au fond du bus, près du moteur, et je devais garder les jambes pliées pour y tenir allongé. Cerise sur le gâteau, les places étaient doubles et j’ai vite compris que le bus n’allait pas faire le voyage à vide… Je me suis donc retrouvé à côté d’un italien bien costaud qui occupait les 2/3 de l’espace. Autant vous dire que je n’ai pas fermé l’œil de la nuit !

Hauteur sous plafond : 1,20 m… Claustro ?

Vang Vieng regorge d’activités et de nombreux touristes coréens viennent y passer leur vacances (notamment depuis la diffusion d’une TV Réalité dans la région…). J’ai opté pour la balade dans les montagnes karstiques et la baignade dans les lagons d’eau turquoise. Des plongeoirs étaient installés près des plans d’eau. Je tire mon chapeau à certains coréens qui, ne sachant pas nager, bravaient leur peur en sautant de 6 mètres de haut, équipés d’un gilet de sauvetage ! Et l’amerrissage était violent…

J’ai terminé mon périple en me rendant à Luang Prabang, à 200 km plus au nord. Cette ancienne capitale royale est un véritable havre de paix, on pourrait presque y perdre la notion du temps et y rester piégé éternellement ! C’est aussi ici que se trouve les cascades de Kuang Si, probablement les plus belles du Laos.

Philippine, mon contact au Cambodge, m’avait donné quelques pistes pour trouver des projets de Changemakers dans cette ville. J’ai ainsi fait la connaissance de Christine, une commerçante qui propose des bijoux « Peace Bombs ». Pendant la guerre du Vietnam, plus de 250 millions (oui, millions) de bombes ont été lâchées sur le Laos pour « empêcher la propagation du communisme ». 30% n’ont pas explosées et aujourd’hui, une partie du territoire n’est toujours pas sécurisée. En fabriquant des pièces de joaillerie à partir de ces éclats de bombes, « Article 22 » finance un programme de nettoyage de ces zones tout en développant l’artisanat local. Un sacré boulot !

Christine m’a ensuite dirigé vers le projet « Friends ’N’ Stuff », lancé en 2005, que j’avais déjà rencontré au Cambodge. Il s’agit d’une marque éthique pionnière dans la fabrication d’objets en matériaux recyclés. Parmi mes exemples préférés, il y a les portefeuilles conçus à partir de vieux ballons de rugby ! On y trouve aussi des colliers dont les perles sont faites à partir de papier recyclé et de douilles de balles, vestiges de la guerre. Friends ’N’ Stuff a mis en place un programme social  permettant à des parents dans le besoin de travailler et aux enfants d’aller à l’école, leur offrant ainsi un meilleur avenir.

Quittez le pays a été aussi amusant que d’y entrer. Après une « petite » erreur de surbooking, mon chauffeur de minubus a tenté un Tetris : faire rentrer 16 personnes et leurs bagages dans un bus 12 places, pour 11 heures de route… Bizarrement, ce fût un échec ! J’ai tout de même réussi à atteindre Vientiane, la capitale du Laos, sans trop d’encombres. Cette ville frontalière allait être ma porte d’entrée pour la Thaïlande et ses aventures…

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