Cambodge, Péripéties d’un Voyage Spacio-Temporel

La transition entre Vietnam et Cambodge s’est faite sous le signe de la mauvaise humeur. Plusieurs raisons à cela : la prise de conscience du tourisme sexuel pour les vieux occidentaux (écœurant), la visite des musées de la guerre (bouleversant) et… une coupe de cheveu ratée qui me faisait ressembler à Kim Jon-Un (bon, on relativise très très vite). Cerise sur le gâteau, j’ai testé une spécialité locale : la tarentule velue « mi-cuite » bien moelleuse digne de mes pires cauchemars ! Heureusement, la suite du voyage allait bien vite me redonner le sourire : paysages grandioses et belles rencontres, le cocktail idéal pour une superbe aventure. 

Une Escale, Une Anecdote

Après un réveil du pied gauche à Phnom-Penh, la capitale du pays, il était temps de donner au Cambodge une seconde chance. C’est avec une liste d’escales en poche que je me suis mis en route pour de nouvelles aventures.

Phnom Penh pendant la célèbre Fête de l’Eau

Kampot – Chute ! Chute à l’arrière du peloton !

Ce qui fait la renommée de cette petite ville du sud, c’est son poivre exceptionnel. Accompagné de deux amis, Nina et Ludo, nous sommes partis à l’assaut des petits chemins de terre en direction de « La Plantation », une superbe ferme certifiée bio. Après deux heures de visite et de dégustation, nous nous sommes fait surprendre par la tombée de la nuit… Les pluies de la veille avaient rendu la piste boueuse et particulièrement glissante. Comme si ce n’était pas suffisant, les phares de nos scooters n’éclairaient pas grand-chose. Après 5 minutes de route, ce qui devait arriver arriva… Glissade et chute la tête la première dans une marre de boue ! Sentant la catastrophe arriver, Nina avait sauté du scooter… Elle a fini partir atterrir directement sur mon casque, me renfonçant un peu plus la tête dans la boue ! Un grand moment.

Koh Rong – Une arrivée épique

Cette île paradisiaque est située au Sud-Ouest du Cambodge. Plusieurs ferries effectuent la navette entre le continent et les petits villages de l’île… sauf celui que j’avais choisi ! Je me suis donc retrouvé sur le mauvais ponton, à l’autre bout de l’île. Une fois sur place, il est très difficile de se déplacer car la jungle est omniprésente. Le plus simple est de s’arranger avec les locaux et d’effectuer le trajet à bord de leurs antiques bateaux de pêche. Pour eux, c’est le jackpot assuré et ils savent en profiter… Après une tentative de négociation, j’ai dû me résoudre à payer le prix fort car la nuit tombait et une tempête approchait. La traversée s’est effectuée dans la pénombre, sous un ciel déchiré par l’orage. L’atmosphère était magique… jusqu’à ce que l’un des moteurs cale ! Après quelques prières, le second moteur a tenu le coup jusqu’à destination. Le bateau s’est approché de la plage et le pécheur a attendu que je saute dans l’eau avec mon énorme sac à dos. J’ai à peine eux le temps de m’installer sous ma tente que d’énormes trombes d’eau s’abattaient sur l’île !

Pas de photo du bateau, j’étais trop occupé à prier…

Battambang – Au pays des chauves-souris

C’est dans cette région que se trouve le seul et unique vignoble du pays. Impossible d’y passer sans faire une dégustation. Et le résultat était un peu… mitigé ! Leur jus de raisin était excellent mais pour ce qui est du vin…

Pas très gouleyant ce vinaigre…

Battambang est surtout réputé pour sa Bat Cave (la « grotte aux chauves-souris » mais ça sonne mieux en anglais !). A la tombée du jour, c’est plus de 4 millions de chauves-souris qui prennent leur envol. Notre guide nous avait emmené dans un endroit à l’écart de la horde de touristes pour profiter du spectacle. La scène était surréaliste : une nuée sans fin de chauves-souris s’envolait vers l’horizon et au fond, la jungle s’embrasait sous l’effet du soleil couchant. Difficile de trouver les mots.

4 millions de chauves-souris, 1 heure de spectacle

Siem Reap – Une Brèche Dans Le Temps

Siem Reap est l’étape incontournable du Cambodge. Cette ville se trouve à proximité du site archéologique d’Angkor, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Imaginez 400 km2 de forêts parsemées de ruines de l’Empire Khmer allant du IXème au XVème siècle ! Le tableau est saisissant.

Avec mes amis Franco-Belges, nous nous sommes lancés dans trois jours de visite intense à bord d’un tuk-tuk qui nous faisait l’effet d’être une machine à remonter le temps. L’atmosphère du site est très particulière et si l’on arrive à faire abstraction de la foule de touristes amateurs de selfies, il est facile de se sentir catapulté une dizaine de siècles en arrière.

Entre deux visites, notre chauffeur de tuk-tuk devait effectuer un bref détour par son village pour féliciter un couple de nouveaux mariés. Nous nous sommes retrouvés devant d’énormes enceintes à danser parmi les invités, une bière à la main. Un moment inoubliable !

La traditionnelle danse des canards autour d’une table

Pour m’aider dans ma recherche de Changemakers, j’avais rendez-vous avec Philippine, une expatriée vivant à Siem Reap depuis quelques années. J’avais eu son contact par le biais de Guillaume, l’Elu à l’Environnement de ma ville natale. Il m’a fallu quelques heures avant de me rendre compte que nous étions ensemble au collège ! Oui, le monde est petit.

Angkor Balloon !

Philippine m’avait donné rendez au « Angkor Balloon », un ballon captif gonflé à l’hélium qui permet de s’envoler à 120 mètres d’altitude. En guise d’accueil, j’ai eu le droit à un vol dans cet immense aéronef. De tout là-haut, la vue sur les ruines d’Angkor était tout simplement incroyable.

Le soir même, Philippine devait participer à une soirée de levée de fonds pour le projet « Plastic Recycling » lancé par « Naga Earth », une petite entreprise à l’initiative de nombreux projets environnementaux. C’était pour moi l’occasion idéale de rencontrer la communauté de Changemakers de Siem Reap. Après quelques bières, j’ai fait la connaissance de Tim, le fondateur de cette superbe éco-entreprise.

Naga Earth, Déité Protectrice de la Planète

Tim est originaire des Etats-Unis. En 2005, il y développe une ligne de valorisation d’huile alimentaire qu’il transforme en biodiesel. Trois ans plus tard, il prend la décision de déménager son installation au Cambodge où il considère que son projet aura plus de sens. C’est ainsi qu’est né « Naga Earth », à l’image du « Naga », serpent mythique de l’Hindouisme, protecteur des trésors de la Nature.

Tim, le fondateur de Naga Earth

Dans ce pays, la revente d’huile alimentaire usagée aux marchands de « Street Food » est un problème de santé majeur. En rachetant ces huiles directement aux restaurateurs, Naga Earth participe au blocage de ce fléau.

A partir de ces « déchets » d’huile, Tim produit un biodiesel durable dit de « 2ème génération ». Contrairement aux biocarburants de 1ère génération, ce dernier ne rentre pas en concurrence avec la chaine alimentaire (production de blé, de maïs, etc.) ce qui permet de préserver les terres cultivées.

L’installation de valorisation d’huile usagée en Biodiesel

Ce biodiesel présente de nombreux avantages pour la santé et l’environnement comparé au diesel « classique » d’origine fossile : pas d’émission de soufre, 50% de CO2 en moins et pas de toxicité !

Tim a diversifié ses activités en développant d’autres produits. Grâce à la glycérine, un sous-produit de son biocarburant, il confectionne de superbes savons. Il fabrique aussi toute une gamme de détergents écolo, du nettoyant pour le sol au dégraissant industriel, à partir d’ingrédients locaux.

Naga Earth cherche vraiment à faire sa part pour sauvegarder notre planète et les projets en cours sont nombreux :

  • « Plastic Recycling » : Développement d’une unité de recyclage de plastiques durs (type « Precious Plastic » https://preciousplastic.com)
  • « Glass to Sand » : Recyclage du verre de bouteilles en sable pour éviter qu’il ne finisse inutilement en décharge.
  • « Recycling Workshops » : Atelier sur la fabriquer du papier recyclé. Idéal pour sensibiliser les gens au recyclage.
  • « Jungle Cleanup » : Collecte de déchets dans la jungle Cambodgienne accompagné d’un guide local !
Le petit kit pour nettoyer la Jungle !

Tim a aussi mis en place un programme d’hygiène communautaire. Il distribue gratuitement son savon à des ONG cambodgiennes et dispense des formations à l’hygiène destinées aux enfants pour prévenir la propagation des maladies.

Ce Changemaker est tout simplement incroyable. Certains courent après le profit, lui cherche simplement à faire quelque chose de bien et qui a du sens. Que dire de plus… Si jamais vous êtes intéressé, Naga Earth recrute des stagiaires ingénieurs pour faire avancer tous ces projets. Un excellent moyen d’apprendre tout en participant à une belle aventure humaine !

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