Madagascar: Mésaventures et Bombardement Vert

Madagascar, c’était l’étape flash. Lors de la préparation de l’aventure, l’agence de voyage m’aidant à établir mon itinéraire m’y imposait une brève escale lors de mon vol Tanzanie / La Réunion. Une seule journée ne présentait aucun intérêt, j’ai donc demandé à l’étendre à une semaine, pensant que j’aurai « largement » le temps de profiter du pays… Pour vous donner un bref aperçu, en termes de superficie, Madagascar est la 5ème plus grande île du monde. Elle fait quasiment la même taille que la France… mais sans les infrastructures ! Sans prendre l’avion, une semaine à Madagascar c’est court, vraiment très court.

Un concentré d’embrouilles !

Douanes, bureau d’informations, transports en commun… mes premières heures sur l’île ont été particulièrement mouvementées ! Voyager, c’est apprendre à garder les yeux ouverts, garder son sang-froid et à certaines occasions, garder sa bouche fermée ! Pas tous les jours évident.

Douanes…

Ils ont pourtant l’air sympa sur la photo officielle… – credit: douanes.mg

Arrivé à l’aéroport, le passage à la douane s’est avéré quelque peu compliqué. N’ayant pas d’espèces sur moi, j’ai été escorté jusqu’à un distributeur automatique. Les tarifs des visas étant annoncés en euros et non en devise locale, j’ai demandé à mon accompagnatrice combien je devais régler. Pas de réponse et regard méprisant, notre relation commençait mal.

J’ai marqué un moment d’hésitation devant le montant à retirer, elle en a profité pour appuyer sur le bouton « Retrait MAX », prendre mes billets et mon passeport. J’ai puisé dans mes réserves de calme et de patience…

Elle a séparé le tas de billets en deux : un tas pour le visa, un tas pour la taxe douanière. J’ai effectué une conversion rapide et lui ai fait remarquer qu’elle me prenait 2 fois plus que le montant officiel. « Ah oui, pardon ». Mes réserves s’épuisaient rapidement…

Je lui ai gentiment demandé de me rendre mon argent et mes papiers, lui disant que j’allais trouver moi-même le bureau pour la taxe douanière. Derrière moi, un personnel de l’aéroport a éclaté de rire : « Il n’y a pas taxe douanière ! ». Fin de mes réserves…

 J’ai récupéré mon argent, mon passeport et commencé à dire ce que je pensais à cette gentille dame. J’étais agacé, vraiment très agacé. Et puis j’ai réalisé que si je faisais un scandale, jamais je ne sortirai de l’aéroport… !

Bureau d’Informations…

C’est pourtant clair

Une fois la douane traversée, il me restait à organiser le transfert jusqu’à l’auberge. L’un des challenges de mon aventure est de prendre les transports en commun dès que je le peux. En plus d’être économique et plus écolo, c’est un excellent moyen de vivre des bonnes expériences. J’ai donc résisté à la très (très) insistante recommandation du bureau d’information de l’aéroport de prendre un taxi.

  • Non désolé monsieur, il n’y a pas de bus pour rejoindre le centre, prenez un taxi.
  • Ben si madame, il y a des bus, il y a un arrêt juste devant !
  • Vous avez déjà pris le bus ici ?
  • Euh… non.
  • Alors prenez un taxi !
  • Euh… non !
  •  …. ??!!!
  • Expliquez-moi, je suis sûr que je peux arriver à me débrouiller.

Le chauffeur de taxi qui s’était accoudé au comptoir en la regardant avec insistance ne devait pas vraiment l’aider. Puis elle a dû se rendre compte que mon quota de patience avait été réduit à néant. Elle a fini par m’expliquer comment faire.

Transports en communs…

Taxi-be sponsorisé ? – credit : icimadagascar.fr

Les mini-bus locaux (« taxis-be ») sont de vieux véhicules utilitaires transformés pour faire rentrer le plus de monde possible. Si vous voulez sortir de votre zone de confort, c’est le moyen de transport rêvé. Il m’aurait fallu 30 min en taxi, il m’a fallu plus de 3h en mini-bus… Quelques conseils si jamais vous voulez tenter l’aventure :

  • Payer la bonne personne.

Un homme a pris mon sac, l’a chargé dans le mini-bus et m’a attribué une place. Quelques minutes après lui avoir payé le montant de la course, une autre personne m’a demandé de régler ma place. C’était le vrai « receveur », l’autre s’était volatilisé. Les locaux étaient morts de rire…

  • Ne vous trompez pas de sens.

J’avais un changement à faire. J’ai demandé confirmation à une station-service et on m’a indiqué un bus qui passait. J’ai sauté dedans. Trente minutes plus tard, j’étais au terminus dans un petit quartier qui ressemblait à tout sauf à un centre-ville de capitale. Les locaux me regardaient avec curiosité. Google m’a confirmé que je me trouvais à l’autre bout de la ville, à l’opposé de ma destination.

Le fameux marche-pied – credit: madonline.com
  • Musclez vos bras.

Les « taxis-be » sont très souvent bondés. Debout dans l’allée centrale, je bloquais tout le monde avec mes deux gros sacs. A chaque arrêt, je devais sortir du véhicule pour faciliter la montée/descente des passagers. J’ai fini par me retrouver avec trois autres locaux sur le marchepied arrière de la camionnette, mes 25 kilos sur le dos, à devoir m’agripper désespérément à l’encadrement de la porte pour ne pas tomber au milieu de la route !

Si vous souhaitez vivre une expérience unique ou tout simplement allier transport et séance de musculation, n’hésitez pas une seule seconde…

Bombardement pacifique

L’un des problèmes environnementaux majeurs de Madagascar, c’est la déforestation intensive. Depuis les 60 dernières années, près de la moitié de la forêt malgache a disparue. Plusieurs raisons à cela :

  • Conversion des forêts en terre agricoles (défrichage/brûlis) suite à l’explosion démographique
  • Production de charbon de bois
  • Surexploitation et contrebande de bois précieux

En arrivant à l’auberge de jeunesse de Antananarivo, la capitale de Madagascar, j’ai découvert le projet « Seed Bombs » (bombes de graines) initié par Christine, la propriétaire.

Chistine, projet « Soham Experience »

Ces « bombes » sont de petites boules d’argile, de terre, de compost et de graines. Il suffit de les lancer dans la zone à reforester et à la première pluie, l’argile se dissous pour laisser échapper les graines !

Après avoir découvert cette initiative au Kenya, elle a voulu la mettre en place sur l’île. Pour ne pas faire les choses à moitié, elle s’est rapprochée du Silo National des Graines Forestières (SNGF), l’établissement pépiniériste de Madagascar spécialisé dans ce type de semences. Ensemble, ils ont sélectionné différentes graines d’arbres endémiques représentant un intérêt pour les locaux (arbre fruitier, etc.) afin que ces derniers ne les coupent ou ne les brûlent pas.

Christine a préparé 4 types de bombes en fonctions des régions et du climat du pays. Les voyageurs passant par son auberge jouent alors le rôle d’agents de dissémination et dispersent les graines à travers l’ensemble de l’île. Simple et efficace !

Le paradis des lémuriens

J’avais décidé de mettre le cap vers l’Est du pays où se trouve le parc national de Andasibe. Du calme, des animaux exotiques, de magnifiques forêts primaires et surtout pas trop de distance à parcourir. Le plan idéal ! Puis j’ai vu l’état des routes… Il m’a fallu un peu plus de 5 heures pour faire moins de 150 kilomètres. Heureusement que je n’avais pas choisi une destination plus éloignée ! Je passerai sous silence les histoires de :

  • L’homme à l’œil au beurre noir complètement soul qui a (énormément) insisté pour s’occuper de charger mon sac. En vain…
  • La scientifique qui a désespérément couru après le bus après être descendu sans sa valise…

Le parc en valait vraiment la peine. J’ai passé trois jours à courir (littéralement !) à travers la forêt pour apercevoir de nombreuses espèces de lémuriens dont le célèbre « Indri Indri », le plus grand du pays. Le soir était le meilleur moment pour observer les caméléons et grenouilles présentes sur l’île. Un moment magique !

Ce parc national abrite aussi plusieurs projets de reforestation. J’ai pu rencontrer Leonard, en charge du projet pour le parc VOIMMA. Depuis 2017, il a pu replanter plus de 10 000 arbres sur une zone de endommagées de 7 hectares. Avec Daren, un pote rencontré sur place, nous avons pu contribuer au projet en l’aidant à planter une dizaine d’arbres, des essences locales « Abramia » et « Harina ».

La fin de mes aventures dans le pays approchant à grand pas, j’ai légué mes « Seed bombs » à Deren pour qu’il poursuive l’action à travers l’île. Quelques semaines plus tard, juste avant son départ, il a passé à son tour le relais à d’autres voyageurs. La mission continuait !

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