Notre Gigantesque Challenge en Tanzanie – Episode 2

Je me suis rendu compte à quel point je n’étais pas préparé quand Sophie m’a rejoint à Moshi, 2 jours avant de débuter l’ascension du Kilimandjaro. Le genre de moment où l’on se sent… un peu stupide !

La Pression des Derniers Préparatifs

Malgré 15 000 km de voyage en moins d’une semaine, 6 heures de décalage horaire et un gros manque de sommeil, Sophie était ultra-prête, ultra équipée et elle avait mangé du trek pendant 1 an. En 1 heure, son sac était fait. J’avais l’impression d’avoir affaire à une extra-terrestre !

De mon côté, je n’avais que mon célèbre ensemble k-way/baskets et ma dernière randonnée était la promenade familiale de Table Mountain, en Afrique du Sud, que certains touristes font en claquettes…

Réunion de préparation …

L’agence qui organisait notre ascension m’avait rassuré, je n’étais pas le premier à venir les mains dans les poches, et il se sont occupé de m’équiper de la tête au pied.  Seul problème : les chaussures. Impossible de trouver ma taille. J’ai littéralement essayé tout leur stock, sans succès. Je m’imaginais déjà faire l’ascension en baskets… Après une seconde fouille intégrale de leur dépôt, ils ont finalement réussi à dénicher LA paire. Vous n’imaginez pas mon soulagement !

Quelques Anecdotes Inoubliables

Pour grimper tout en haut du Kilimandjaro, il faut une bonne équipe. La nôtre était exceptionnelle ! Deux guides, c’est la règle, un chef cuisinier et huit porteurs, soit onze personnes pour nous aider, Sophie et Moi, dans cet énorme challenge. A première vue, cela parait démesuré puis au fil de l’aventure, on se rend compte de l’importance de chacun. Sophie a d’ailleurs publié un très bel article sur le sujet, je vous invite à le découvrir ici. 

Notre équipe de choc !

Vous raconter cette semaine en détails serait aussi éprouvant que l’ascension en elle-même. J’ai donc choisi de partager avec vous ces 6 jours avec 6 anecdotes :

Jour 1 :

  • Octavio, l’aide cuistot, nous force à manger notre poids en nourriture pour prendre des forces « tant que l’on peut ». On le supplie, il nous écoute patiemment. Puis il nous demande de nous resservir ! Le chef cuisinier, Zachariah, passe à son tour. On s’exécute. J’ai l’impression d’avoir de nouveau 6 ans.

Jour 2 :

  • Daniel, le plus jeune des deux guides, me tape sur l’épaule. Je me retourne puis j’éclate de rire ! Il s’était fait une fausse moustache en utilisant un morceau de lichen. J’en fabrique une à mon tour. Mathew, le guide en chef, nous rejoins. Il s’est enfoncé de la mousse dans les narines ! Sophie immortalise l’instant. Je me dis que l’on est tombé sur une équipe complètement dingue…
La Team Moustache …

Jour 3 :

  • Nous subissons les premiers symptômes du mal des montagnes, Sophie bien plus violement que moi car elle n’arrive pas à dormir depuis le début de l’aventure. Pour ma part, c’est une belle migraine à la fin du trek car je n’ai bu « que » 3 litres d’eau dans la journée. Les guides me conseillent de passer à 5 ou 6 litres. Je vous laisse faire la conversion en nombre de « pause-pipi » …

Jour 4 :

  • En parlant de pipi… pendant les 3 maigres heures de sommeil que l’on nous accorde avant l’ascension finale, je me lève avec une envie très pressante. Les yeux encore collés, je me bats contre mon sac de couchage, impossible de trouver la lampe torche, je sors en trombe de la tente sous un froid glacial, je me trompe de côté et marche sur un rocher instable… Nous sommes partis tous les deux, mon rocher et moi, rouler dans les pierres quelques mettre plus bas. Incroyable mais vrai, je m’en sors indemne et surtout sans m’être uriné dessus ! J’ai rarement été aussi fier de moi.

Jour 5 :

  • Le mal des montagnes a eu raison de Sophie vers les 5000 mètres. C’est un coup dur. Ce ne sera pas la seul à devoir abandonner et redescendre en urgence. J’ai croisé des personnes mal en point, le moral en prend un sacré coup. Je poursuivi seul avec Mathew et il m’a alors parlé de la règle des « Trois Vomis ». Si avant d’atteindre le sommet, tu es malade plus de trois fois, l’ascension est terminée. Il faut garder assez d’énergie dans le ventre pour continuer. Dur.

Jour 6 :

  • Sophie avait promis d’offrir une tournée générale à toute l’équipe à la fin de l’aventure ! Une superbe attention qui a touché tout le monde. Après une heure d’attente à la sortie du parc national pour signer les papiers, nous nous sommes retrouvés à la terrasse d’un bar/restaurant. Toute l’équipe avait profité que l’on soit occupé pour se changer et se rafraîchir. Sophie et moi étions les seuls à être crasseux et à sentir mauvais. J’étais trop fatigué pour avoir honte mais six jours sans douche, c’est long…
Un grand moment !

Donner en Retour

Le Kilimandjaro demande beaucoup, autant physiquement que mentalement, mais il donne aussi, et bien plus que l’on ne peut imaginer. Des paysages à couper le souffle, un ciel étoilé impossible à oublier, des gens d’une incroyable gentillesse et beaucoup d’émotions. Avec Sophie, nous nous sentions tellement redevable que nous avons souhaité donner un peu de notre personne en retour. Nous avons donc consacré notre dernière journée à nettoyer le chemin menant à la sortie du parc. (Retour en vidéo sur ce super moment ici !)

Une belle collecte !

Passé le moment de surprise face à cette initiative, notre équipe s’est jointe à nous et nos guides sont devenus incontrôlables ! Daniel disparaissait dans les fourrés pendant plusieurs minutes avant de revenir les bras chargés ! C’était génial de les voir autant impliqués. Les porteurs que l’on croisait nous regardaient avec étonnement, certains s’arrêtaient même pour nous demander ce que l’on faisait. Pour beaucoup c’était la première fois qu’ils voyaient des touristes faire ce genre d’opération. « Vous êtes des gens bien ». A notre tour d’être surpris et vraiment touchés !

A mi-chemin, nous avons rencontré Halifa Kayoka, membre de l’équipe de nettoyage du Parc. Equipé d’un vieux sac de farine XXL et d’une pince de cuisine, il traquait les déchets semés par les marcheurs. Il venait de terminer sa mission au camp Barafu, situé à 4600 mètres d’altitude. Pendant 10 jours, il s’était occupé de la propreté du site, ramassant les bouteilles, papiers et autres emballages abandonnés par les touristes.

Lui aussi était surpris de nous voir l’aider. Nous avons continué ensemble jusqu’à la fin du sentier. Il nous a alors dirigé vers l’un des 7 centres de stockage, situé à une centaine de mètres de « Mweka Gate », l’une des portes d’accès au parc. Les déchets y sont stockés séparément. D’un côté, les déchets « secs », principalement des emballages, de l’autre les déchets alimentaires.

Pour mieux comprendre le système de gestion des déchets collectés au Kilimanjaro, Halifa m’a mis relation avec son chef, M. Vitusi. Tous les 10 jours, ce dernier envoie une cinquantaine de personnes en mission de nettoyage sur l’ensemble du site. Les volumes de déchets collectés donnent le vertige. Des dizaines de milliers de bouteilles sont ramassées chaque année. Pour les sacs plastiques, cela se compte en centaines de milliers. Point très positif, grâce au tri des déchets, ils arrivent à composter près de 175 tonnes de déchets par an.

L’équipe de nettoyage du site fait un travail incroyable. Pour nous, gravir le Kilimandjaro était un exploit. Pour cette équipe, c’est un travail quotidien. Chapeau !

Après cette belle aventure, Sophie a bouclé son tour du monde en retournant en France. De mon côté, j’ai poursuivi ma route vers Zanzibar pour reposer mes jambes ! Je vous laisse avec quelques photos de cet endroit magnifique mais aussi très touristique. A nous, voyageurs, d’être responsable et de faire tout notre possible pour préserver ces petits coins de paradis.

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