Afrique du Sud – En Route Pour le Changement – 2ème Partie

Il me restait un peu plus de 1 000 km à parcourir pour atteindre Le Cap en longeant la côte Est. Quelques arrêts en chemin s’imposaient, encore fallait-il bien les choisir ! Après le petit échec de « East London », j’ai apporté un peu plus d’attention à la planification des étapes suivantes.

Des Escales Bestiales !

La ville de Port Elizabeth est située à proximité du Parc National des Eléphants d’Addo. Ce dernier a été créé dans les années 30 comme sanctuaire pour les éléphants rescapés de la région. L’occasion rêvée d’effectuer un mini-safari ! Accompagné de Matt et Hernan, deux amis rencontrés à l’auberge, nous sommes partis aux aurores pour pouvoir croiser un maximum d’animaux : éléphant bien sûr, mais aussi hyènes, buffles, zèbres, mangoustes (Timon !) et phacochères (Pumba !). Cette journée était incroyable mais aussi très fatigante car il était interdit de quitter la voiture. A notre tour d’être en cage… tiens, ça fait réfléchir !

J’ai profité de cette petite escale pour tester les spots du surf du coin. Peu de monde dans l’eau, des vagues très sympas, des surfeurs locaux tranquilles mais assez peu bavards. Peut-être l’effet de la combinaison rose fuchsia que le loueur m’avait passé… toujours marrant le bizutage de touristes !

J’ai poursuivi ma route vers le sud mais sans aller très loin cette fois. La raison était simple, Port Elizabeth se trouve à seulement quelques kilomètres de Jeffrey’s Bay, ville qui accueille l’une des étapes du championnat du monde de surf. J’ai dû rester des heures à admirer les vagues. J’ai réussi à trouver un spot tranquille pour limiter mes chances de finir dans les rochers. Je passerai sous silence la location de planche de surf à la déco très fleurie… décidément, les loueurs du coin avaient un sens de l’humour bien à eux.

J’avais retrouvé Sebastian sur la route, un backpacker allemand rencontré à Durban. Il a joint ses efforts aux miens pour réaliser un nettoyage de plage et il a eu la bonne idée d’en faire une petite vidéo ! Il m’a aussi parlé d’une initiative locale qu’il avait vu sur un panneau de la ville…

« Désolé pour le Dérangement, On Essai de Changer le Monde ! »

C’est à Cape Town, sa ville d’origine, que j’ai pu faire la connaissance de Gareth. Ce surfeur a toujours vécu sur la côte, et après chaque tempête, il voyait s’abattre sur les plages de nombreux déchets venus du monde entier. Pour que ses enfants puissent pouvoir profiter de l’océan, il a commencé à chercher des projets innovants pour répondre aux problématiques environnementales. Il a décidé d’être acteur du changement, de faire partie de la solution.

Gareth, Mc Rebur South Africa

Gareth s’est intéressé au projet écossais « Mac Rebur » avant même son lancement. Il s’agit de substituer une partie du bitume nécessaire à la fabrication des routes par… des déchets plastiques ! Plusieurs points rendent ce projet extrêmement intéressant :

  • Les déchets utilisés sont des déchets locaux. Il s’agit donc d’une solution globale adaptable à des problématiques locales.
  • Les plastiques utilisés font parties des 60% qui ne sont pas recyclables. Inutile de travailler sur ceux pour lesquels des solutions existent déjà. En rentrant dans le processus de fabrication de routes, ces déchets connaitront une fin bien plus utile que dans un incinérateur ou dans un site d’enfouissement. « C’est la fin de la route pour les déchets plastiques ! »
  • Ces déchets viennent remplacer et donc économiser une partie de ressources fossiles utilisées pour les routes (le bitume, un dérivé du pétrole).
  • Le plastique utilisé va se lier au bitume et y rester piégé, supprimant ainsi le problème de microplastiques.
  • L’asphalte issue de ce procédé est recyclable. On casse et on réutilise !
  • Cerise sur le gâteau : les routes sont bien plus résistantes. Fini les nids de poule ! 
Credit: Mc Rebur

Ce qui a aussi plu à Gareth dans ce projet, c’est que le produit final s’intègre parfaitement dans le procédé actuel de fabrication routière. Pas de rupture technologique donc pas de fermeture d’usine. Cela le rassure, lui et les industriels du milieu qui auraient pu lui barrer la route.

Gareth a donc contacté Toby McCartney, le fondateur écossais de Mac Rebur, pour lui proposer de s‘occuper de l’implantation en Afrique du Sud. En plus de croire au projet, il ne voulait pas que ce dernier finisse entre les mains d’une grande compagnie qui ne chercherait qu’à faire du profit. Gareth a la même vision environnementale que les Ecossais et il tient à la protéger.

Credit: Mc Rebur

Le parcours de Gareth a été semé d’embuches car pour ce qui est des routes, le système sudafricain est très complexe. Entre le lobbying, le problème d’appartenance des infrastructures, de nouveaux essais gouvernementaux, etc. il a dû dépenser beaucoup de temps et d’énergie pour faire avancer le projet. Sa persévérance a payé et il a fini par convaincre la communauté locale de Jeffrey’s Bay d’effectuer une route test avant la fin des essaies gouvernementaux. La première « route en plastique » sudafricaine est donc en train de voir le jour !

Gareth fait preuve d’une volonté extraordinaire et il a accepté de partager son secret avec moi : garder en tête le projet global et le découper en plein de petits objectifs atteignables. Faire avancer le projet pas à pas, avec patience, et surtout célébrer chaque petite avancée ! Il m’a avoué s’être inspiré d’une citation de Will Smith !

« Ne vous dites pas que vous allez construire le plus grand mur jamais construit. Placez une brique à la fois aussi parfaitement que vous le pouvez. Faites cela tous les jours, et bientôt vous aurez un mur. »

Les gens gravitant autour de cette entreprise sont une véritable source d’inspiration et de motivation. La genèse du projet écossais est aussi surprenante, n’hésitez pas à y jeter un œil, cela vaut vraiment le coup.

 Les Plaisirs Simples du Cap

J’ai passé la fin de mon séjour à explorer Cap Town et ses alentours. La vue sur la fameuse « Table Mountain », cette montagne plate, symbole de la ville, était bouchée par d’épais nuages. J’en ai alors profité pour visiter ce qui fait la renommée de cette région : ses vignobles !

La fine équipe !

Après plus de 4 mois sans déguster un bon verre de vin rouge, le circuit organisé autour de Stellenbosch était un véritable bonheur. J’ai failli pleurer quand la viticultrice d’un des domaines a proposé un assortiment de fromages locaux pour accompagner la dégustation ! J’ai terminé cette journée, « fatigué » et heureux, avec un magnifique morceau de fromage dans mon sac. Pour les coups durs, on ne sait jamais !

En haut de Table Mountain !

Accompagné de deux amis, Cyan et Phoebe, nous avons profité d’une éclaircie dans le ciel du Cap pour gravir les interminables marches de Table Mountain et admirer le fantastique point de vue sur la ville. Le vent au sommet était glacial et malgré le soleil j’étais frigorifié. Le temps tourne vite là-bas et nous avons dû effectuer la descente sous les nuages.

Le vent était un peu frais…. credit: @artcyanpeppah

De magnifiques rencontres, des Changemakers inspirants et passionnés, une faune et des paysages à couper le souffle, l’Afrique du Sud a été une expérience incroyable ! L’aventure devait se poursuivre et il me tardait d’explorer le reste du continent qui me réserverait d’autres surprises…

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