Brésil, Petites Galères et Grandes Rencontres !

Mon arrivée au Brésil a été mémorable… Intoxication alimentaire à peine sorti de l’avion, 2h coincé dans les toilettes de l’aéroport et un premier challenge : 1h30 de transport en commun et 30 minutes de marche pour rejoindre mon auberge de jeunesse. Je me suis dit « monte dans le bus, si tu es malade avant l’arrivée, cela fera des histoires à raconter ! ». Au risque de vous décevoir, tout s’est bien passé ! Enfin… pendant quelques jours…

Sao Paulo et la belle surprise du lycée français

Après 2 jours au lit et une trousse à pharmacie allégée, j’ai fini par aller explorer la ville. Sao Paulo concentre les grands écarts de richesses du pays, c’est vraiment déroutant. SDF et Costard Cravate, anciens bâtiments somptueux et buildings délabrés, voitures de sport et chariots de collecte de déchets… J’étais d’ailleurs fasciné par ces chariots et les gens qui les tractaient. Je m’étais promis de creuser le sujet.

J’avais contacté le Lycée Français de Sao Paulo pour pouvoir rencontrer les élèves et les sensibiliser aux enjeux environnementaux. M. Nerrand, le proviseur du Lycée était ravi de m’accueillir, et pour cause. Il avait passé les 3 mois des vacances d’été à restaurer le bâtiment en appliquant les bases de l’éco-rénovation.

Lycée Français Pasteur de Sao Paulo

Le maximum de matériaux a été récupéré pour les travaux. Les anciens meubles ont été restaurés, le bois de certains a été réutilisé pour la conception d’une magnifique estrade et de nombreuses étagères. Le résultat était impressionnant !

Des actions ont aussi été initiées par les élèves et l’association des parents d’élèves, particulièrement impliqués dans la démarche environnementale :

  • Chasse au gaspillage à la cantine
  • Arrêt de l’emballage des couverts dans des pochons plastiques (une habitude très ancrée au Brésil)
  • Mise en place progressive des fontaines à eau sans gobelet
  • Composteur pour les déchets alimentaires
  • Système de récupération d’eau

Moi qui venais pour faire de la sensibilisation, je me trouvais face à de superbes exemples de la méthode écologique des 5 R : Refuser, Réduire, Réutiliser, Recycler, Composter (« Rot »).

Clube das Simones !

J’ai donc transformé mon programme de sensibilisation en un moment d’échange avec le « Clube Das Simones », un groupe d’élèves à l’initiative de nombreuses actions environnementales dans leur Lycée. Croyez-moi, la relève est assurée !

Sur la route de Rio !

La route pour aller de Sao Paulo à Rio de Janeiro est relativement longue. Une escale en chemin s’imposait et c’est dans le petit village de Paraty que j’ai fini par poser mon sac. Ce village de pécheur est aussi appelé la Venise du Brésil. A marée haute, les rues de la vieille ville sont inondées, le spectacle est incroyable !

Le vieux Paraty sous les eaux

De nombreuses petites îles bordent la côte et sont accessibles en kayak, l’idéal pour partir à l’aventure. Pas de bronzette, la balade s’est rapidement terminée sous d’énormes averses orageuses. Il parait que cela fait pagayer plus vite…

Au loin, la tempête !

J’ai eu le temps de tomber amoureux de la cuisine brésilienne, Moqueca et Acarajé, préparée par une amie de mon guide, cuisinière « certifiée d’Etat pour représenter la culture traditionnelle ». Oui, ici c’est comme en France, on ne rigole pas avec la bonne bouffe !

Aïe, j’ai faim….

Paraty, c’était aussi l’occasion de me faire dévorer par les moustiques locaux, les plus féroces que j’ai eu l’occasion de rencontrer pour le moment. Sombre histoire…

Je vais à Rio de Janeiro et je prends ta main…

La première chose que j’ai faite lors de mon arrivée à Rio de Janeiro, c’est un saut à la plage de Copacabana. J’avais passé tous mes étés depuis l’enfance à jouer au foot et faire des jongles sur les plages du pays basque. Avec mes amis, on criait « Braaazillll !!! » dès que l’un de nous faisait un geste technique. Et les plagistes hurlaient à leur tour dès que ce geste était loupé et que le ballon atterrissait sur leur tête… Impossible de ne pas penser à eux une fois là-bas !

Les plages de Rio

J’avais rendez-vous avec Ema, une amie d’enfance très impliquée dans le zéro-déchet, partie vivre à Rio. J’étais à la recherche d’associations organisant un évènement pour la Journée Mondiale des Océans. Elle m’a mis en relation avec « les colibris de Rio », un groupe relayant toutes les bons plans écolo de la ville. La chance me souriait, un énorme nettoyage de plage était prévu par « Route Brasil », une ONG créée en 2011 dont la mission est de préserver les plages, les océans et la vie marine de la pollution.

Aquel Abraço – Le défi du câlin géant

L’étendue de sable regroupant les plages de ​Barra da Tijuca, Reserva and Recreio dos Bandeirantes, s’étendait sur une vingtaine de kilomètres. Je me suis retrouvé au milieu de 15 000 volontaires venus spécialement pour montrer leur engagement pendant cette journée spéciale. Imaginez 15 000 personnes se tenant par la main, formant une immense chaine et faisant face à l’océan. Une incroyable connexion, un moment fort et symbolique, un message d’espoir et d’amour, un câlin géant avec la mer !

De nombreuses associations étaient réunies pour l’occasion. J’ai pu faire la connaissance de « Menos1Lixo », qui en plus de faire de la sensibilisation, propose des tasses rétractables faciles à transporter pour venir à bout des gobelets jetables. J’ai passé le reste de la matinée à nettoyer la plage avec Nicolas, un expat français dont le projet futur est de créer avec sa femme Ana « la Maison Soleil ». Zéro-déchets, énergie solaire, nourriture vivante (germes, graines et légumes bourrés de vitalités, à manger cru pour préserver les vitamines), leur projet très complet s’adresse à tous ceux qui veulent préserver la planète et leur santé.

Quand le sort s’acharne…

Ce que je ne vous ai pas dit, c’est que j’ai fait ce nettoyage de plage à cloche-pied. A force de gratter mes boutons de moustique, je me suis retrouvé avec une petite infection au talon d’Achille. Après une tentative de désinfection à l’ancienne (épingle de sûreté, couteau et alcool), j’ai passé une nuit fiévreuse à rêver d’amputation, de charter retour pour la France, de vin rouge et de fromage. Au petit matin, je suis allé faire un tour en boitant à la pharmacie du coin pour quelques conseils et une crème antiseptique. « Non, hors de question, je ne vous vendrai pas ma crème ! Vous avez de la fièvre, allez voir un médecin ! » Mais heuuu, Madame, faz favor ! Têtue la pharmacienne…

Pour ne pas heurter les ämes sensibles, cette jolie photo remplace celle de mon pied infecté 🙂

Après le nettoyage de plage, j’ai donc fait un saut aux urgences. Bilan du médecin : infection au pied (ah bon ?), ganglions à l’aine, 7 jours d’antibio à prendre toutes les 6 heures et interdiction de mettre les pieds dans l’eau… Mais heuuu, Madame, faz favor ! Têtue la médecin…

Les aventures à la plage étant fortement compromises, j’ai fini par écourter mon séjour à Rio pour retourner à Sao Paulo. Mais pas avant de voir un match de foot dans le mythique et gigantesque stade Maracanã ! C’était un derby local, FLAMENGO Vs FLUMINENSE, deux équipes majeures de Rio s’affrontaient et l’atmosphère dans la ville était électrique. Les gens qui m’accompagnaient avaient les maillots des FLAMENGO car tout le staff de l’auberge de jeunesse les supportait. Nous avons acheté les derniers billets restant… au milieu des supporters de l’équipe adverse ! Pour éviter tout problème, la Sécurité les a forcés à jeter leur maillot avant de rentrer dans le stade. Et pour ne pas finir torse-nu, ils ont fini par acheter le maillot des FLUMINENSE. Zéro-Zéro, match nul mais une ambiance incroyable.

Y en a du monde au Maracanã !

Le lendemain matin, le staff de l’auberge les a vu avec les maillots de leurs adversaires… et a refusé de nous servir le petit déjeuner ! Mais heuuu, Madame, faz favor ! Têtue la cuisinière…

La fabuleuse initiative de Mundano

De retour à Sao Paulo, je me suis lancé à la recherche d’informations concernant les « Catadores », ces fameux collecteurs de rues. J’en croisais régulièrement et je les voyais faire le tri des déchets pour récupérer ceux qui avaient de la valeur. Mon portugais étant extrêmement limité, je ne me sentais pas le courage de rentrer dans l’une de arrière-cours servant de zone de tri et de rachat de matières. « Hey !! Bom dia amigos !! ».

J’ai donc commencé à en parler autour de moi. Incroyable coup de chance, Lucas, un volontaire de mon auberge de jeunesse avait un ami qui connaissait très bien Mundano, un artiste très impliqué dans le monde des Catadores. C’était un immense honneur de le rencontrer !

Pimp my Carroça !

En 2012, Mundano a lancé le mouvement « Pimp my Carroça », clin d’œil au show télévisé de MTV. Son objectif était de changer le regard des gens sur les Catadores en faisant de leurs chariots des œuvres d’art. Après avoir organisé une levée de fond et collecté plus de $20 000, il a invité de nombreux graffeurs et artistes professionnels à travailler sur les chariots. La scène s’est déroulée sur l’une des grandes places de Rio et pendant que les artistes se mettaient à l’œuvre, des médecins, coiffeurs, psychologues, masseurs, cuisiniers, etc. prenaient soin des Catadores et de leur famille.

Depuis, Mundano a créé l’application « Cataki ». C’est un mélange entre UBER et TINDER ! Vous mettez en ligne une photo des déchets recyclables que vous avez chez vous et vous vous mettez en relation avec les Catadores qui circulent dans votre quartier. Ils reçoivent la photo et si les déchets que vous avez intéressent l’un d’entre eux, il vous sélectionne et passe faire la collecte ! Cataki connecte déjà 1400 Catadores au Brésil et se répand dans d’autres pays où les collecteurs de rue jouent un rôle essentiel. Au Brésil, c’est eux qui récupèrent 90% de ce qui est recyclable, tâche sur laquelle les pouvoirs publics peinent à avancer.

Il me restait 30 minutes avant de devoir filer à l’aéroport et quitter le Brésil mais je voulais absolument suivre Gabriel, le Catadore que Mundano m’avait présenté, dans l’une de ses collectes. Lucas m’accompagnait et faisait office de traducteur, une aide inestimable ! Cela fait 24 ans que Gabriel collecte les déchets dans la rue et il nous a confié que « Cataki » lui a donné plus de visibilité, il a pu agrandir son réseau de clients et ainsi améliorer ses revenus. Il sélectionne les déchets avec soin et selon ses valeurs. Pas de verre pour lui, il estime que son recyclage est trop énergivore, et pour lui la filière de consigne est bien plus efficace. Il nous a aussi fait rentrer dans un centre de tri – rachat de matière pour que l’on puisse suivre le cheminement de la collecte. Génial ce Gabriel !

Ne vous y trompez pas, Gabriel à fait exprès de dépareiller ses tongs !

J’ai dû quitter Gabriel et Lucas en sprintant pour réussir à attraper mon avion mais cette rencontre en valait très largement la peine. Trois semaines, c’était bien trop court pour apprécier le Brésil et le peu que j’en ai vu était magnifique. De l’aventure, quelques galères sympas à raconter et de supers Changemakers, le cocktail idéal de ce voyage.

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