Les Exotiques Aventures d’Aurélien en Equateur – Volume 2

Mon séjour en Equateur a été particulièrement chargé en aventures. De l’ascension du plus haut sommet du pays à l’expédition jusqu’aux aux portes de l’Amazonie, impossible de tout vous raconter en détails ! J’ai aussi fait la rencontre de Changemakers luttant pour sauver les aliments d’une fin pas très glorieuse… Aventures de l’extrême et chasse au gaspi, voici les ingrédients de ce nouvel opus !

A l’Assaut de l’Immense Chimborazo !

Mon périple a débuté à Quito, la capitale du pays accrochée à plus de 2800 mètres d’altitude sur la cordillère des Andes. Ayant prévu de faire une boucle qui m’y ramènerait à la fin de mon voyage, j’ai rapidement mis le cap vers le sud, direction Riobamba.

Le très coloré marché de Riobamba. J’étais le seul touriste !

Cette ville est le point de départ des expéditions pour le Chimborazo, le volcan le plus haut du Pays, culminant à 6300m. Oui, c’est haut ! Pour moi, il était inimaginable de passer à côté sans au moins y faire une petite balade. Un bon entrainement et une acclimatation de plusieurs jours étant nécessaire pour grimper jusqu’au sommet, j’ai opté pour circuit faisable en une journée. Vous commencez à me connaitre, j’avais prévu l’équipement de rigueur pour la haute montagne : Jeans, Baskets, Kway. Un vrai touriste ! Arrivé au point de départ du trek, à 4300 mètres, j’ai questionné les locaux sur les conditions climatiques : « En marchant tout le temps, tu ne devrais pas avoir trop de problèmes… ».  Quand on lit entre les lignes, cela vaut dire : « ne t’arrête pas si tu ne veux pas geler sur place ».

Accompagné de Fabian, mon guide pour la journée, je me suis élancé sur le sentier. Je ne vous cache pas que sans acclimatation, la promenade devient un peu plus compliquée, surtout la barre des 5000 mètres passée. Histoire de pimenter le tout, j’ai aussi eu le droit à une averse de neige !

Les stops aux deux refuges, Carrel et Whymper, m’ont permis de boire quelques grandes tasses d’infusions de feuilles de coca pour limiter les maux de tête mais sans vraiment les stopper. J’ai aussi dû m’équiper de « vraies » chaussures de montagnes sortant tout droit des années 70 pour braver la neige compacte du dernier tronçon. A cette altitude, chaque pas coûte cher et donne l’impression de réaliser un sprint sans fin. La montée s’est jouée au mental et l’arrivée en haut du parcours, à 5300 mètres, soit 500m plus haut que le Mont Blanc, a été une véritable délivrance. Mon respect pour les deux belges (sans parler du guide !) qui m’accompagnaient et qui quelques jours plus tard se sont lancés dans l’ascension des 6300 mètres, a encore monté d’un cran.

Pour finir de rendre ce moment inoubliable, j’ai croisé une communauté indigène lors de la descente. Après les avoir salués, ils m’ont demandé si l’on pouvait prendre une photo ensemble et cela s’est terminé en une très longue et très amusante séance ! Tout le monde voulait la sienne, sauf le bébé qui était en panique ! Je n’ai jamais autant souris et c’est avec regret que j’ai dû les quitter. Un moment inoubliable !

Même pas froid !

De la Cordillère des Andes aux Portes de l’Amazonie

J’ai poursuivi ma route vers le sud jusqu’à Cuenca, la ville aux 52 églises (une pour chaque dimanche de l’année) avant de rebrousser chemin vers la petite commune d’Alausi.

J’avais prévu de partir à l’aventure en escaladant une montagne dont le sommet est surplombé par les ruines d’une pyramide Inca (oui, oui, une pyramide !). Cette dernière a été découverte y il a une quinzaine d’année seulement, il est encore possible de s’y rendre seul et d’y camper pour admirer le plus beau coucher de soleil des Andes ! Une véritable expédition avec une journée de marche et une nuit à la belle étoile… jusqu’à ce que le patron de mon auberge ne brise mon rêve d’aventure et d’exploration en me disant que sa fille de 8 ans avait réalisé la balade en à peine 2h… Ajoutez à cela un froid de canard et une météo très capricieuse, j’ai fini par laisser tomber.

Nariz del Daiblo !

Accompagné de Lou, une locale rencontrée à l’auberge, nous avons profité d’une éclaircie matinale pour nous lancer dans un Nettoyage de Montagne sur le sentier escarpé de « Nariz del Diablo ». La promenade a été épique : Lou avait le vertige et paniquait en silence, nous avons faillit nous perdre 3 fois et nous avons terminé notre marche en traversant une petite communauté indigène fêtant l’anniversaire d’un de leurs anciens. Autre problème, impossible de trouver un conteneur pour mon sac poubelle plein. Le retour s’annonçant difficile, nous avons décidé de faire du stop pour rentrer. En moins de 10 minutes, un bus de voyage longue distance s’est arrêté. Je passerai sous silence les regards effarés des passagers quand je monté en nage dans le bus avec mon gros sac poubelle… Inutile aussi de vous parler du petit jus qui s’en est échappé, finissant par ruisseler dans l’allée centrale… On est vite descendu !

Le Mountain Clean Up !

Le temps filant à toute vitesse, il fallait que je remonte vers Quito. J’ai repris la route vers l’Est pour effectuer une boucle en passant par les portes de l’Amazonie… J’ai dévalé les Andes en bus, me répétant à chaque virage « ne t’inquiète pas, le chauffeur sait ce qu’il fait, c’est son métier… ». J’ai aussi rajouté quelques prières en apercevant le précipice dernières les maigres rambardes de sécurité.

Pailon del Diablo – oui le diable est partout… (Credit: Mahani)

Je suis passé par la très touristique station thermale de Baños, descendu en VTT la magnifique route des chutes d’eau et fait du Rafting dans une rivière très agitée ! Je suis remonté vers Puyo, rejoint son incroyable cascade en faisant le trajet à l’arrière d’un pickup avec quelques membres de la communauté Indichuri. Je me suis rafraichi dans son eau glaciale avant de marcher pendant des kilomètres, seul sur la route jusqu’aux portes de l’Amazonie…

J’ai fini par rejoindre la bouillonnante ville de Quito pour partir à la rencontrer de ses changemakers.

Camping pour le Climat !

Avant de quitter Alausi, Lou m’avait donné de précieux renseignements sur certains projets environnementaux.  Parmi eux, deux ont particulièrement attirés mon attention : le « Klima Camp » organisé par le groupe « Conexíon Utopia » et « Rescate de Alimentos » par IDÓNEA.

La magnifique vue depuis le Sendero Ecológico La Vicentina

Conexíon Utopia est un collectif de collectifs. Son objectif est de rassembler différents projets partageant des valeurs et buts communs, notamment l’écologie et la solidarité. Dès mon arrivée à Quito, j’ai pu rencontrer Fausto, l’un des membres fondateurs, qui m’a proposé de participer au Klima Camp. Au programme, 3 jours de camping dans un petit parc de Quito, « el Sendero Ecológico La Vicentina » avec discussions, échanges et connexions entre de nombreux projets liés à l’environnement.

Klima Camp, au retour de la manifestation « Friday For Future » de Quito

Fausto m’avait proposé de présenter mon projet et de parler des Changemakers que j’avais pu rencontrer. Je ne vous cache pas que réaliser cela en espagnol était un challenge supplémentaire ! J’étais très heureux de pouvoir partager mes expériences et j’en ai aussi profité pour parler d’un sujet fascinant : notre cerveau face au changement…

Les français de « CinéCyclo » étaient aussi de la partie. Cette association parcours le monde à vélo pour diffuser des films dont le but est notamment de faire de la sensibilisation environnementale. Ces aventuriers de la route sont équipés d’une station de projection vidéo mobile et écolo. Pour la faire fonctionner, il faut pédaler ! Ne restant pas pour la nuit, je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de les rencontrer mais ce n’est que partie remise.

La tournée de Cinécyclo en Equateur

J’ai aussi fait la connaissance de Estefanía, une changemaker qui vole au secours des aliments…

A la Rescousse des Aliments Perdus

Estefanía a vécue quelques années en Hollande où elle a commencé à participer à des « Food Sharing », opérations de partage de surplus alimentaire dans le but de lutter contre le gaspillage. De retour à Quito, elle s’est lancée dans l’aventure en créant le groupe « IDONEA – Rescate de Alimentos ».

Avec son associé Santiago et quelques membres de Conexíon Utopia, Estefanía fait le tour des marchés de Quito pour sauver les produits invendus d’une fin tragique : la poubelle. Avec tous ces aliments, IDÓNEA offre deux grands repas mensuels. Le premier est offert à des groupes de personnes en situation de vulnérabilité et le second est offert au grand public. Le concept est vraiment génial !

L’objectif d’IDÓNEA est de combattre le gaspillage alimentaire en sensibilisant sur ses impacts dramatiques, autant sociaux qu’environnementaux (consommation d’eau, d’énergie, de pesticides, rejet de CO2, etc.). Pour vous donner un petit aperçu, rien qu’en France, le gaspillage alimentaire représente 10 millions de tonnes de produits chaque année… de quoi faire réfléchir.

Coup de chance, le repas mensuel d’IDÓNEA tombait justement sur mon dernier week-end en Equateur ! Au lieu de mettre les pieds sous la table, j’ai proposé mes services à Estefanía qui était encore à la recherche de volontaires. Pour éviter de ruiner la réputation des français en cuisine, j’ai choisi d’aider en tant que serveur. Sage décision !

Ce mois-là, c’était le chef Santiago Cueva du magnifique restaurant « Marcando el Camino » et toute son équipe qui avaient répondu à l’appel pour prêter main forte à IDÓNEA.  Parmi les nombreux volontaires, j’ai pu rencontrer Santiago Rosero, l’associé de Estefanía, un passionné de cuisine, qui après avoir passé 7 ans en France en tant que journaliste, est retourné à Quito pour se lancer dans le « Food Sharing ». La célèbre chef et bloggeuse Anaca Maldonado était aussi de la partie. C’était vraiment incroyable de voir autant de bénévoles impliquées dans ce beau projet !

Bon, je n’ai pas pu résister et à la moitié du service j’ai fini par goûter la totalité des plats ! J’ai failli laisser couler une petite larme de bonheur en savourant l’incroyable potage carotte/gingembre… Et dire que tout cela avait failli terminer à la poubelle !

Mon aventure en Equateur s’est terminée sur cette magnifique rencontre riche en enseignements, tant sur le gaspillage alimentaire que sur le bénévolat. J’ai quitté cet incroyable pays la tête remplie de souvenirs et le ventre plein !

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