Démarche de Compensation Carbone, le Challenge!!

Mon aventure implique de nombreux déplacements en avion ce qui va alourdir considérablement mon empreinte carbone. Pour rester cohérent avec un voyage dont le fil rouge est la protection de l’environnement, je me suis lancé dans une démarche de compensation carbone.

Quelques notions avant de commencer…

Avant de rentrer dans le vif du sujet et afin de mieux comprendre les enjeux de la démarche, quelques petits rappels s’imposent. Pas d’inquiétude, ce sera bref !

– Les Gaz à Effet de Serre en 2 mots :

Pour faire simple, ce sont des gaz (vapeur d’eau, dioxyde de carbone, méthane, etc.) qui absorbent une partie des rayons solaires et les redistribuent à la planète, c’est le phénomène « d’effet de serre ». Ce phénomène est naturel, sans lui la température du Globe serait un peu fraîche (-18°C) et nous serions tous des Esquimaux. Par contre, l’activité humaine déséquilibre ce système en augmentant la concentration de ces gaz dans l’atmosphère. C’est cela qui est en grande partie responsable du changement climatique.

Bibifoc et l’Equilibre du Système atmosphérique

Vous voulez en savoir plus? Jetez un œil à ce mini dessin animé!

– L’Empreinte Carbone en 3 mots :

L’empreinte carbone représente la quantité de gaz à effet de serre (GES) émise par une activité. Dans le cas de mes déplacements aériens, cela va me permettre de mesurer l’impact de mes vols sur l’Environnement. On mesure cette Empreinte Carbone en « équivalent CO2 » (eCO2). Le gaz carbonique est le plus connu des GES, il en existe d’autres dont les effets sont plus ou moins marqués. Par exemple le méthane est 21 fois plus puissant que le C02. Pour simplifier, on mesure tout en eC02.

1kg méthane = 21 kg eC02

Quelques exemples ?

Pour être neutre en carbone, il faudrait que chacun de nous émette moins de 2 tonnes d’eCO2 par an[. C’est l’objectif à atteindre avant 2050 si l’on veut limiter le réchauffement climatique à 2°C.

Au moment où je vous parle, un français émet en moyenne 10,7 tonnes eC02 par an. Il y a du boulot…

La Recette de Base ! 

L’objectif de ma démarche est de neutraliser l’empreinte carbone générée par mes déplacements en avion. Pour cadrer mon approche, je vais utiliser la fameuse séquence « ERC » :

  1. EVITER : C’est la toute première étape. Elle consiste à modifier le projet en amont pour supprimer une partie des impacts négatifs.
  2. REDUIRE : On va réduire la durée, l’intensité et l’étendue des impacts négatifs qui ne peuvent pas être évités.
  3. COMPENSER : Il s’agit d’apporter une contrepartie positive d’une valeur supérieure ou égale aux impacts négatifs restants après la phase de réduction.

Comme disait Napoléon entre deux batailles pas très éco-responsables: « un bon croquis vaut mieux qu’un long discours » 

Graphique méthode « ERC » (Eviter / Réduire / Compenser)

!! Attention !!

Avant d’aller plus loin, une précision s’impose : Compenser n’est pas un droit à polluer ! Ce doit être la dernière étape après avoir évité et réduit les impacts négatifs d’un projet.

La compensation carbone comprend aussi beaucoup de limites :

  • Ce système entretient le mythe que l’on peut continuer de se développer et de consommer comme avant.
  • Il accentue les inégalités économiques : c’est un « droit à polluer » donné aux plus riches, un « devoir de silence » pour les pauvres.
  • Le marché du carbone ne permet pas de réduire le total des émissions. Pour l’instant, le total des émissions de GES ne faiblit pas…

Etape 0 : Le début du Commencement !

Etablir l’itinéraire d’un tour du monde demande pas mal de temps, surtout au début.

Où est-ce que je veux aller, à quelle période, pour voir quoi et comment ? Effectivement, on se pose beaucoup de questions mais c’est aussi un moment génial car on peut laisser libre cours à ses envies, le champ des possibles est ouvert ! Et voilà ce que ça donne:

Projet Initial

Euh… Oui, je vous l’accorde, on finit par se retrouver avec un trajet long, compliqué, bourré d’escales improbables et parsemés de va et viens!

Etape 1 : EVITER – Adieu « Tour du Monde » !

Une petite remise en question s’impose… Si je veux diminuer mon empreinte carbone, il va falloir faire quelques concessions.

Adieu Tour du Monde!

A mon grand désespoir c’est la partie Afrique de l’Ouest qui présente le plus de problèmes. L’un de mes meilleurs potes est Ivoirien, il m’y attendait ce qui rendait la destination encore plus magique. Points négatifs : 2 escales depuis l’Amérique du Sud, un retour à Madrid qui est quasiment mon point de départ et près de 2 jours de transport. Dur…

Pour donner plus de cohérence au trajet, je décide de prolonger mon voyage en Amérique du Sud en allant au Brésil. Les vols sont directs et c’est sur la route pour l’étape suivante, l’Afrique du Sud.

Je supprime aussi mon retour en France en traversant le Pacifique. Les Puristes diront « ce n’est plus un Tour du Monde »…

Projet après phase « EVITER »

Mine de rien, cette remise en question a permis de gagner près de 15 000 km ! L’impact sur le bilan carbone est sans appel, il a diminué de 16%.Les chiffres parlent d’eux même, inutiles de répondre aux Puristes !

Etape 2 : REDUIRE – Et si on Optimisait ?!

Et c’est pas fini ! Il reste encore à réduire mon Bilan Carbone en diminuant l’impact des trajets que je ferai inévitablement. Il y a deux choses sur lesquelles je peux agir :

  • Modifier mon point de départ en avion.Pour aller au Mexique, je dois rejoindre l’aéroport international de Madrid. Au lieu de m’y rendre en avion depuis le pays basque, je vais effectuer ce premier tronçon en bus. Cinq bonnes heures sur la route pour me mettre en condition ! Et vu que je vais adorer ça, je prévois la même chose pour le retour au Pays, à la fin de mon aventure.
  • Favoriser les vols directs. Pour être compétitives, les agences de voyage que j’ai consultées ont favorisé les vols les moins chers. Malheureusement, ce ne sont pas forcements les plus directs… Je leur ai donc demandé de revoir leur proposition en limitant au maximum les correspondances. Bilan:

Projet final après phase « REDUIRE »

Ça à l’air un peu plus fluide, n’est-ce pas ? Il y a quand même 1200 km en moins, en optimisant tout simplement les trajets. Pas négligeable… Voyager en favorisant les vols directs, et donc en polluant moins, revient à mettre la main à la poche. Ce n’est pas nouveau et il y a une certaine logique à passer par les plus gros aéroports mais le constat reste un peu amer…

Etape 3 : COMPENSER – l’un des Challenges de cette Aventure !

Après un gros travail « d’évitement » et de « réduction », l’impact carbone de mes trajets aériens a diminué de quasiment 20% par rapport au projet initial. Ça valait le coup de s’y pencher sérieusement ! Il reste quand même 18 660 kg eCO2 qu’il va falloir compenser. Pour cela, j’ai le choix entre 2 démarches :

  • Démarche « classique » : financer un projet de réduction ou de séquestration d’émissions de GES dont je ne suis pas directement responsable. Pour cela, acheter des crédits carbone ex-ante ou ex-post pour soutenir des projets du marché de conformité MDP/MOC certifiés Kyoto, ou du marché volontaire labélisé GS ou VCS. Facile ! Outre le jargon technique, il suffit de payer pour déculpabiliser !
  • Démarche « impliquée » : Bien moins conventionnelle car « Faite Maison » et basée sur les actions de sensibilisation que je vais mener. Plus funky, plus ludique mais aussi plus difficile ! Si je veux compenser mon empreinte carbone, il va falloir que je me retrousse les manches : changer ma façon de consommer, monter des actions de sensibilisation,  communiquer sur des « bonnes pratiques », j’en passe, et des meilleures.

1 tonne eCO2 = 1 tonne d’actions !

La démarche « classique » a l’avantage d’être certifiée et quantifiée. Il y a aussi de très beaux projets que j’aimerai aller voir sur place. Toutefois, cette démarche n’est pas assez « personnelle ». En payant, j’aurai l’impression de m’impliquer très peu et je ne me sentirai pas suffisamment engagé. Cette démarche aura peut-être sa place à la fin de l’aventure. A suivre…

Comme vous pouvez vous en douter, c’est la seconde démarche que j’ai choisie de suivre ! Je souhaite participer au changement et y contribuer pleinement. Et ça va être un véritable challenge. Je dis « challenge » pour plusieurs raisons :

  • il va falloir que je change!
  • il va y avoir de l’action !
  • il va falloir m’aider !

La règle du jeu est simple : réaliser un maximum d’actions ayant un impact positif pour l’environnement. Le poids de l’ensemble de ces actions devra compenser l’impact négatif de mes vols.

Il va donc falloir trouver un sacré paquet de bonnes actions ! En voici quelques-unes, illustrées avec des exemples « chiffrés » :

  • Consommer différemment pour limiter les impacts. 
    • Exemple:  ne pas acheter d’eau en bouteille même si cela comporte quelques risques. Rassurez-vous, avec une paille filtrante, je devrai m’en sortir…

1 bouteille plastique de 1,5 L en moins = 108 g eCO2 en moins

C’est sans compter son impact sur l’environnement quand elle finit au milieu des petits poissons…

  • Mener des campagnes de sensibilisation pendant mes escales. 
    • Exemple : organiser des Initiatives Océanes (ou « Beach Clean’ Up). Une personne sensibilisée sera plus respectueuse de l’environnement et aura donc un impact carbone plus faible.

1 personne « moyennement » sensibilisée = 76 kg eCO2 en moins par an

  • Voir des projets liés à la compensation carbone et y participer (si possible). 
    • Exemple : Il existe des projets de reforestation. Il faut savoir que les arbres permettent d’absorber et de séquestrer le CO2.

1 arbre planté = 25 kg eCO2 en moins par an

  • Favoriser au maximum les transports en communs pour les déplacements internes.
    • Exemple : Prendre le bus au lieu de louer une voiture pour traverser un pays

100 km en bus = 15 kg eCO2 en moins

L’autre avantage est que dans certains pays, prendre le bus est une aventure à ne pas louper !

Participez au Challenge!

Vous pouvez, vous aussi, participer au Challenge et soutenir l’Aventure en m’aidant à compenser mon empreinte carbone. Montrez-moi que vous êtes sensibilisés par vos actions au quotidien. Des exemples:

  • Organisez ou participez à des opérations de sensibilisation comme les « Initiatives Océanes ». Et pas besoin de vivre au bord de la plage, 80% des déchets aquatiques sont charriés par les fleuves et rivières…
  • Limitez vos déchets ! Mettre un composteur au fond de votre jardin, passer à l’eau du robinet pour ne plus avoir de bouteille plastique, éviter les produits ultra-sur-emballés ! Il existe des milliers de petites initiatives. Vous en voulez d’autres ? Rendez un petite visite à la Famille (Presque) Zéro Déchet !
  • Adopter des éco-gestes! De Mathieu CREPEL (Triple Champion du Monde de Snowboard), à Justine MAUVIN (Championne de Longboard) en passant par Tony ESTANGUET (Triple champion du monde et champion olympique de canoé), les grands Sportifs de la Water Family ont plein de conseils à vous donner pour agir au quotidien!

J’arrête ici avec les exemples sinon cet article sera interminable !

Envoyez-moi un message, une photo de vous en action pour que je puisse comptabiliser votre contribution à la cause. Vous pouvez aussi m’envoyer vos idées d’actions de compensation que je pourrai mettre en pratique pour relever ce défi.

Tous les mois, je ferai un bilan des actions positives. Vous pourrez donc suivre l’évolution du challenge au fil du temps.

Je compte sur vous !

Petite confidence…

Même si je suis sensibilisé à la cause, pour le moment je suis encore loin d’être un exemple… Je mange d’énormes steaks, je commence juste à faire attention aux fruits et légumes de saison et je suis un grand consommateur d’eau en bouteille…

Il va donc falloir que je change 2 ou 3 trucs qui ne sont rien de plus que des habitudes ! Mais par contre, du point de vue « Respect de la Planète », ces petites choses ont de l’importance.

Cette aventure va être l’occasion de changer ! Prêt à me suivre ?

2 Replies to “Démarche de Compensation Carbone, le Challenge!!”

  1. Alors voici quelques conseils au cours du voyage, j’essaie aussi de faire attention 😉
    Tu as les gourdes lifestraw mais aussi les pastilles micropur. Je crois que depuis que je suis partie j’ai du acheter 3 bouteilles d’eau. Tu verras que dans certains pays, notamment au Mexique, tu auras des bouteilles d’eau dans ta chambre d’hôtel. C’est tentant de la prendre, il faut vraiment revoir ses habitudes…
    Bus, stop, covoiturage, je suis super fière d’avoir fait l’argentine sans avion interne. En vrai, il faut parfois faire moins pour apprendre à voyager lentement.
    Télécharge l’application moov’it pour découvrir comment te déplacer dans chaque ville du monde avec les transports en commun.
    C’est tout ce a quoi je pense pour le moment mais je laisserai un commentaire si j’ai d’autres idées

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    1. Génial, merci pour ces bons p’tits conseils!
      – Pour l’eau, j’ai trouvé un modèle similaire à Lifestraw. Il s’agit de du filtre à eau Care Plus Sawyer. L’avantage est sa capacité: Jusqu’à 375 000 litres contre 1 000 litres pour la Lifestraw. Je l’ai trouvé dans un magasin de matériel militaire! Mon médecin m’a aussi conseillé de prendre avec moi une boite de médocs anti-parasitaires, juste au cas où… J’espère que je n’aurai pas besoin de m’en servir!
      – Pour les transports, je vais suivre ton exemple! Seul bémol: on m’a déconseillé le stop de nuit dans les zones tendues au Mexique…! Merci pour l’appli moov’it.
      Bon trip Sophie!

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